Voyage, voyage au Cully Jazz

Il pleut en ce vendredi soir d’avril. Le froid s’immisce dans les moindres recoins possibles. L’envie de rester confortablement installée sur le canapé est présente, mais l’affiche de la première soirée du Cully Jazz au Chapiteau – sold out – est bien trop belle pour vouloir la manquer.

20h30. Thaïs Diarra s’empare de la scène. Biennoise aux origines maliennes et sénégalaises, la chanteuse nous invite au voyage, à travers un univers soul, hip-hop, reggae. Un univers et surtout une voix, dans tous les sens du terme; elle chante pour les femmes, parle d’espoir et de fraternité.

Thaïs Diarra est lumineuse, mais le sourire de Noumoucounda et sa dextérité au kora se doivent d’être soulignés! Du rythme, de la chaleur, on en oublie le froid qui nous avait transi quelques instants auparavant.

La tête encore remplie de représentations de l’Afrique, que nous voilà embarqués pour Cuba avec Ibeyi. Autre pays, toute autre ambiance.

Car il y a quelque chose de mystique chez les sœurs Diaz. Que ce soit leur musique mais aussi par le nom du duo déjà: Ibeyi, qui veut dire « jumeaux » en yoruba. Elles nous en expliquent la signification, leur histoire, on en apprend un peu plus sur cette culture. Les chansons prennent toute leur ampleur. On se laisse transporter, à travers les sons, les images…

Jumelles, elle se différencient de mille manières. D’un côté, il y a Naomi, la foudre, qui se lâche sur son cajón et les batás, qui, lorsqu’elle prend le micro, révèle cette sublime voix cassée, qui agite les bras en quémandant des applaudissements. Et de l’autre, il y a la mer, Lisa-Kainde, installée derrière son piano, souriante, dotée d’une voix claire et limpide. Ensemble, les deux jeunes femmes se complètent.

Et entre deux chansons pop/electro/soul en anglais, elles se confrontent, se rejoignent sur des morceaux a cappella en yoruba. Un ange afro-cubain passe…

Retour sur terre, au Maroc plus précisément, avec Hindi Zahra.

Usant de sa voix, de son corps (L’Oréal a trouvé sa nouvelle égérie), Hindi Zahra est entière. L’attitude d’une vraie rockeuse pour un concert mêlant folk, soul, blues, jazz et musiques traditionnelles. On se plaît à se perdre à travers ces différents styles, tous interprétés à la perfection par la chanteuse et ses six musiciens.

Minuit 30. Il se fait tard, certains se sont assis pour les derniers morceaux. Le corps n’assume peut-être plus d’avoir enchaîné trois concerts à la suite, mais les oreilles, elles, n’en sont pas moins grandes ouvertes. On se laisse encore emporter par les ultimes accords, fascinés par le charisme indéniable de la brune… On applaudit une dernière fois, encore perdu dans les dunes du désert.

Dehors, il fait toujours aussi froid. Les frissons sont à nouveau présents. Qu’importe. Le voyage ensoleillé sous le Chapiteau du Cully Jazz valait le déplacement.


Cully Jazz Festival, jusqu’au 16 avril: toute la programmation sous www.cullyjazz.ch

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s